Alors que des milliers d’enfants de la diaspora algérienne redécouvrent leur pays d’origine chaque été, le gouvernement cherche à transformer ces séjours en un vrai dispositif éducatif national structuré.
Le 19 juillet à Alger, l’Algérie a officiellement lancé le « Summer Camp 2026 ». Ce programme éducatif appelé à se perpétuer est le « prolongement d’une série de programmes dédiés à la communauté nationale à l’étranger », d’après le communiqué officiel relayé par l’Agence de presse algérienne (APS).
Organisé en partenariat entre les ministères des Affaires étrangères, de l’Éducation nationale, et de la Jeunesse, il cible les enfants âgés de 8 à 16 ans. L’objectif affiché est le renforcement du lien des jeunes de la diaspora avec leur pays d’origine.
L’inscription s’effectue en ligne, via un code QR dédié à l’opération. Trois sessions rythment le programme entre juillet et août. La première court jusqu’au 30 juillet, la deuxième se tient du 2 au 13 août. Elles se déploient dans 14 wilayas (grandes régions administratives), dont Alger, Tlemcen, Sétif, Annaba et Béjaïa.
Le programme combine « des classes d’enseignement complétées par des activités pédagogiques, culturelles et de loisirs ». Les enfants y abordent le patrimoine linguistique et historique algérien, encadrés par des enseignants. Sofiane Chaïb, secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, a précisé que cette démarche répond aux orientations des hautes autorités du pays. Il a aussi annoncé que d’autres wilayas rejoindront le dispositif lors des prochaines éditions.
Une diaspora économiquement sous-mobilisée
Ce dispositif d’ancrage identitaire ne constitue pas une initiative isolée. Il s’inscrit dans une série de mesures prises par Alger ces dernières semaines pour se rapprocher de ses 3 à 4 millions de ressortissants établis à l’étranger. Fin juin, le Conseil des ministres a acté la création d’un Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger. Cette instance, rattachée à la présidence de la République, se veut un canal pour mobiliser chercheurs et experts de la diaspora autour des priorités de développement national.
L’enjeu économique qui sous-tend ces initiatives reste toutefois substantiel. Selon la Banque mondiale, les transferts de fonds de la diaspora algérienne ont atteint 1,942 milliard de dollars en 2024. Ils s’élevaient à plus de 1,8 milliard de dollars en 2023, ce qui équivaut à une progression d’environ 4 %. Ce montant représente 0,7 % du produit intérieur brut algérien.
L’Algérie figure parmi les pays les mieux classés de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord pour ces transferts. Le Maroc, qui a structuré de longues dates des dispositifs de mobilisation de sa diaspora via un conseil dédié, a reçu 12 milliards de dollars en 2024, plus de six fois le montant algérien. La Tunisie, avec 2,8 milliards de dollars, devance également l’Algérie dans ce classement régional.
Cet écart s’observe alors que la diaspora algérienne compte parmi les plus importantes du Maghreb. Fin 2024, la France comptait plus de 4,3 millions de titres de séjour valides toutes nationalités confondues, selon le ministère français de l’Intérieur. Les Algériens y forment la première nationalité étrangère, avec 649 991 titres en cours de validité.
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