Femise Med Brief : Comment favoriser l'insertion professionnelle au Maroc?
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Sami Bouzid
vendredi 21 septembre 2018 Dernière mise à jour le Vendredi 21 Septembre 2018 à 16:41

Dans son dernier numéro du Femise Med Brief, le réseau de chercheurs met en avant les résultats des travaux du Dr. Alexandra Flayols de ‘l’Université de Toulon. Ainsi , la chercheuse aborde la question éducative, les inégalités qui y sont liées et l’insertion professionnelle au Maroc.

Raisons financières, éloignement de l’école, lassitude… Les raisons qui poussent les jeunes Marocains à abandonner le chemin de l’école sont nombreuses. D’un autre côté , les diplômés sont de plus en plus nombreux au chômage et le Maroc « ne semble pas en mesure d’absorber cette main d’oeuvre qualifiée de plus en plus importante» comme le note la chercheuse. En effet , fin 2017 le chômage des jeunes (15-24ans) était estimé par le Haut Commissariat au Plan (HCP) à 26,5% , avec un taux qui culmine à 42,8% en milieu urbain. 

Un défi particulièrement important « puisqu’il menace la cohésion sociale en vigueur qui pourrait ne pas résister à une dégradation des conditions de vie des jeunes consécutive à une exclusion de longue durée du marché du travail » souligne Dr. Alexandra Falyols. Pour cause, la « déperdition scolaire » de l’aveu même d’Ahmed Lahlimi, le Haut-commissaire au plan et la faible diversification du tissu productif nuisent à l’insertion professionnelle. 

Les raisons ? Au-delà du dynamisme ralenti de la demande de diplômés pour le secteur privé, la chercheuse note qu’il existe une inadéquation entre les formations proposées par le système éducatif et les besoins du marché du travail contribuant ainsi aux obstacles de l’insertion professionelle pour les jeunes.

Le système éducatif est au cœur d’un enjeu d’avenir pour le Royaume et si l’école, notamment le secondaire, ne remplit pas son rôle c‘est aussi en partie à cause des décrochages scolaires dus aux différentes inégalités que connaît le Maroc.

Des inégalités importantes dont les femmes sont les premières victimes

Selon l’article, l’accès à l’éducation, en général, et à l’éducation secondaire, en particulier, n’est pas également reparti dans la société. D’une part, les inegalites sont importantes entre les populations rurales et urbaines. D’autre part, les femmes semblent particulièrement discriminées.

Si elle reconnaît certains « efforts » pour le primaire, la difficulté que rencontrent les filles pour le secondaire « reste un palier important à franchir » . L’éloignement du lieu d’études par exemple impacte plus souvent les jeunes filles, surtout en milieu rural, que les jeunes garçons. Elles sont 19% (contre 12% pour les hommes) à citer cette raison pour le décrochage. 

L’intervention de la famille en milieu rural joue également un rôle important dans l’abandon des études avec 13% pour les jeunes filles quand elle ne touche que 4% des jeunes hommes. 

En clair pour Alexandra Flayols «les résultats soulignent que les motifs d’arrêt des études sont plus souvent involontaires pointant ainsi l’existence de barrières à la poursuite des études qui, n’étant pas du ressort des individus peuvent, dans une certaine mesure, être corrigées par des actions ciblées des pouvoirs publics » . Le document publié par la chercheuse lance plusieurs pistes de réflexions et d’actions pour les pouvoirs publics. 

Des solutions et des pistes de réflexions

Pour endiguer cette crise de l’insertion professionnelle et tenter de gommer certaines inégalités dans l’accès à l’éducation la chercheuse lance plusieurs pistes de réflexions : 

– La nécessité pour le Maroc de définir clairement les exigences des secteurs socio-économiques en termes de compétences et de qualifications afin de réorienter les politiques éducatives et le fonctionnement des systèmes de formation en conséquence. Les pouvoirs publics pourraient alors élargir leur offre de formation, notamment professionnelle, et favoriser les partenariats avec les entreprises locales.

L’amélioration des conditions d’étude et de la pédagogie pourrait être une solution pour lutter contre les abandons précoces en primaire, problème particulièrement important pour la région. L’ouverture de nouvelles classes permettrait un meilleur encadrement des jeunes. Bien que la problématique de la langue d’apprentissage (Flayols, 2016) ne soit pas fondamentale au niveau primaire et secondaire, une harmonisation de la langue d’enseignement apparaît nécessaire afin de maintenant la cohérence du système éducatif.

– Les pouvoirs publics doivent fournir un effort à la fois sur le primaire et sur le collège. De plus, les mesures des pouvoirs publics devraient se focaliser sur les jeunes filles notamment en milieu rural dont l’accès et la poursuite des études sont plus contraint. Le développement des infrastructures scolaires en milieu rural et/ou le développement des transports des écoliers serait une solution. 

Vous pouvez lire l’ensemble du document ici. 

Article réalisé en partenariat avec le FEMISE

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