Méditerranée : Réformer pour mieux appréhender l'urgence climatique
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Rédaction Ecomnews Med
lundi 23 septembre 2019 Dernière mise à jour le Lundi 23 Septembre 2019 à 09:33

Dans le Femise Med Brief, Stéphane Pouffary et Guillaume de Laboulaye, respectivement directeur général fondateur et responsable de programmes de ENERGIES 2050 décrivent la marche à suivre pour résoudre la problématique des subventions énergétiques dans les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée.

« La Méditerranée fait partie des «points chauds» de notre planète et les conséquences des changements climatiques y sont et y seront plus fortes qu’ailleurs ». C’est de ce constat, alarmant, que sont partis les deux chercheurs Stéphane Pouffary et Guillaume de Laboulaye dans le dernier Med Brief du FEMISE et de l’association ENERGIES 2050.

Selon ces recherches datant de 2018, le bassin méditerranéen est une zone particulièrement vulnérable au changement climatique. La lutte contre ce dernier est donc l’un des plus gros défis que les pays concernés aient à relever. Et ce, d’autant plus que la plupart fonctionnent au pétrole, au gaz et/ou au charbon, des énergies fossiles ayant un fort impact sur le changement climatique.

« Ces trois ressources continuent de bénéficier d’importantes subventions, qu’il s’agisse de la consommation mais également de leur exploitation et production, ces dernières pesant parfois très lourdement sur les budgets des Etats » notent Stéphane Pouffary et Guillaume de Laboulaye.

Ces subventions représentent en effet une part conséquente du PIB ; par exemple, elles représentaient 6.6% du PIB marocain en 2012 (groupe de la Banque Mondiale, 2015). Et selon les chercheurs, ces dernières sont accordées au détriment de services primaires relatifs à la santé et au social.

Réformes des systèmes de subvention

Il s’agit donc de mettre en place des réformes adaptées à la situation économique de chacun des pays. Dans le cadre de leurs Contributions Déterminées Nationales (CDNs), « plusieurs pays du bassin méditerranéen dont le Maroc, la Jordanie (Merril et al., 2015), l’Egypte ou encore le Liban ont entrepris des mesures pour réformer leurs systèmes de subvention aux énergies fossile » rapportent Stéphane Pouffary et Guillaume de Laboulaye.

En termes de coût, la mise en place de ces réformes a permis à certains pays tels que la Jordanie ou encore le Maroc, de faire des économies et ainsi de mieux redistribuer les subventions. Cependant, dans leurs CDNs, certains pays ont souligné que ces réformes nécessitent un appui financier et technique de la communauté internationale afin d’atteindre au mieux les objectifs climatiques nationaux.

Bien que certains pays du bassin méditerranéen aient des réserves d’énergies fossiles, celles-ci ne sont pas en quantité suffisante. Il est donc nécessaire pour eux d’en importer une partie pour répondre à leur demande énergétique intérieure, et donc d’utiliser les subventions pour financer ces importations, expliquent encore les chercheurs.

Stéphane Pouffary et Guillaume de Laboulaye donnent l’exemple du Maroc qui a entamé en 2013 « une réforme des subventions aux énergies fossiles lui permettant ainsi de pouvoir éliminer toutes les subventions aux énergies fossiles dans les secteurs des transports et l’électricité ».

Mettre en place les réformes de manière progressive pourrait donc permettre, à terme, d’arriver à ne plus utiliser du tout d’énergies fossiles.

Mais le rapport met tout de même en garde : « Pour une réforme réussie, il convient d’adopter une approche progressive en s’assurant de fixer des prix adaptés pour les énergies fossiles tout en veillant à gérer les impacts de ces réformes, notamment sur les plus démunis »

S’adapter aux situations nationales

Le Med Brief explique par ailleurs que, pour s’adapter au mieux aux spécificités de chaque pays, il est possible de supprimer temporairement certaines réformes, le temps que les situations économiques ou sociales nationales et internationales s’y prêtent.

Le recours a des réformes partielles peut également être une solution avec, en parallèle l’instauration de mesures compensatoires.

Selon l’article, cette transition énergies fossiles à énergies renouvelables ne génère pas uniquement des bénéfices économiques pour les pays du bassin méditerranéen ; elle a également des bénéfices environnementaux et sociaux.

Le Maroc, le Liban et l’Egypte ont ainsi pu investir les fonds économisés dans la production locale d’énergies renouvelables, à savoir le solaire, l’éolien ou encore l’hydraulique, avec des infrastructures telles que des centrales ou un parc éolien.

En ce qui concerne les bénéfices sociaux, ces fonds peuvent servir à fournir des aides financières aux populations qui en ont besoin ou prendre la forme d’investissements destinés à la santé publique.

De quoi encourager les pays méditerranéens à s’engager dans ces réformes. Une piste pour mener à bien ces projets : « La coopération Sud-Sud à l’échelle méditerranéenne peut également jouer un rôle important, avec un partage d’expérience des pays déjà engagés dans ces réformes, mais aussi une assistance technique voire financière envers les pays aux ressources les plus limitées ».

Reyane Sané

Article réalisé en partenariat avec FEMISE

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