Maroc : Quelles politiques publiques pour une meilleure intégration des PME dans le système mondial ?
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Camille Dubruelh
mardi 1 octobre 2019 Dernière mise à jour le Mardi 1 Octobre 2019 à 15:15

Le nouveau Rapport EuroMed (Septembre, 2019) du réseau de chercheurs méditerranéens FEMISE vient de paraître. L’étude s’attache à identifier les barrières à l’intégration des petites entreprises marocaines dans le système mondial afin de proposer des politiques publiques visant à y répondre.

Identifier les obstacles à l’intégration des PME marocaines dans les chaînes de valeur mondiales, c’est l’objectif du nouveau rapport Euromed produit par le réseau de chercheurs méditerranéens FEMISE. 

Une nouvelle fois, l’étude se penche sur le secteur privé, et s’inscrit ainsi dans la continuité des derniers travaux du Think Tank parus en juin 2019.

Mais ce rapport, coordonné par Patricia Augier (Présidente du Comité Scientifique du FEMISE et de l’Institut de la Méditerranée), Vincent Castel (Economiste pays en chef – Maroc à la Banque africaine de développement – BAD) et Tarik El Malki (Professeur de Management et de Responsabilité Sociale et des Entreprises à l’ISCAE), s’attache à un cas bien particulier, celui des petites entreprises du Royaume.

Afin de répondre à la problématique, les chercheurs se sont basés sur des études de cas réalisés auprès d’entreprises marocaines et sur un ensemble d’interviews et de réunions de travail auprès de représentations d’associations d’entreprises et de responsables d’organismes nationaux concernés par la problématique.

Les PME ne comptent que pour 31% des exportations

L’idée de ce travail est partie d’un double constat, explique le FEMISE dans ce rapport.

Le premier concerne la dynamique des exportations : « Malgré une volonté politique forte qui s’est traduite par la mise en place de politiques sectorielles actives et un certain nombre de réformes, la dynamique des exportations marocaines, demeure insuffisante au regard des efforts déployés. Alors que les PME représentent 95% des entreprises marocaines, environ 40% du PIB, 46% de l’emploi total, elles ne comptent que pour seulement 31% des exportations. »

Le second constat porte sur la teneur des échanges internationaux qui « sont de plus en plus structurés au sein des chaines de valeur mondiales. En effet 80% des échanges mondiaux sont réalisés entre les entreprises dans le cadre de ces réseaux internationaux de production ».

Ainsi, « l’accélération des exportations ne passera donc que par un accroissement de l’intégration des entreprises marocaines exportatrices au sein de ces chaînes de valeur mondiales », assure l’étude qui met en lumière des « contraintes à l’export beaucoup plus lourdes que celles à l’import ».

Le rapport EuroMed identifie ainsi cinq grandes difficultés rencontrées par les PME marocaines :« Le manque de services logistiques efficaces, le manque de compétitivité des produits, la difficulté à satisfaire les exigences des donneurs d’ordre, la difficulté à mettre le produit ou le processus de production aux normes et standards imposés et le manque de main d’œuvre qualifiée ».

Le Maroc doit s’intégrer dans le système mondial

Cette question de l’intégration des PME marocaines dans le système mondial est pourtant cruciale pour FEMISE, et permettra d’accélérer encore le développement du pays, dans un contexte mondial donné. En effet, le rapport note que, face à l’augmentation des salaires dans les pays d’Asie, les entreprises internationales et notamment européennes devraient petit à petit quitter la zone pour rechercher des délocalisations plus proches géographiquement.

Ainsi, le Maroc a un rôle important à jouer dans ce nouvel ordre mondial. Mais afin d’intégrer ces chaînes de valeur et s’y maintenir, le pays devra mettre en place des politiques publiques adéquates. L’étude a ainsi permis de dégager les 5 principaux domaines pour aider les PME marocaines à s’internationaliser. « Il s’agit de la logistique, du financement, de la connaissance des marchés, des ressources humaines et de l’innovation ».

Le rapport est disponible en français ici

Et ici en version anglaise.

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