Israël-Émirats-Bahrein : quels enjeux économiques derrière la normalisation diplomatique ?
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Thibault Bluy
mardi 15 septembre 2020 Dernière mise à jour le Mardi 15 Septembre 2020 à 18:38

Un mois après avoir été annoncé, l’établissement de relations diplomatiques entre Israël et les Émirats arabes unis et Bahreïn a été officialisé ce 15 septembre à Washington. Une normalisation qui ouvre de nombreuses perspectives économiques entre l’État hébreu et les pays arabo-musulmans.

Dans le même jardin de la Maison-Blanche où avaient été signés il y a presque vingt-sept ans, jour pour jour, les Accords d’Oslo, la normalisation diplomatique entre Tel-Aviv et Abou Dhabi et Manama a été officiellement conclue ce 15 septembre à Washington. Le texte a été paraphé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et par les représentants des Affaires étrangères des deux émirats du Golfe, ainsi que par le président américain Donald Trump, en présence de son gendre Jared Kushner, très influent conseiller diplomatique à l’origine de ce rapprochement historique.

Les deux pétromonarchies deviennent les troisième et quatrième pays arabes à normaliser leurs relations avec l’État hébreu, après l’Égypte en 1979 et la Jordanie en 1994. Ils franchissent ainsi la « ligne rouge » fixée en 2002 par la Ligue arabe, qui avait fait de la résolution du conflit israélo-palestinien une condition indispensable avant cette étape.

Un milliard de dollars de flux officieux

Le document officialise des liens déjà existants entre les différents protagonistes – la chaîne de télévision israélienne 13 évalue à un milliard de dollars le volume des flux commerciaux actuels entre Israël et les Émirats. Il ouvre surtout de multiples opportunités pour les échanges économiques bilatéraux : dès lundi, NBD, deuxième banque émiratie, a signé un partenariat avec Hapoalim, l’une de ses homologues israéliennes. 

Fin août, un vol commercial direct avait relié pour la première fois l’aéroport telavivien David Ben Gourion à celui d’Abou Dhabi – survolant au passage, là aussi de façon inédite, l’espace aérien saoudien. Des facilités dans l’obtention de visas devraient faire décoller le transport de passagers entre l’une et l’autre des destinations, ainsi que depuis et vers Bahreïn.

Secteurs clés

Autres secteurs clés qui pourraient bénéficier de ce nouveau contexte : la santé, avec des contacts et contrats déjà établis entre ministères et entreprises des deux États ; mais aussi l’armement, l’accord diplomatique contenant notamment une clause permettant aux États-Unis de vendre aux Émirats leurs drones et leurs avions de combat F-35, selon le quotidien Yediot Aharonot.

Visant en partie à contrer l’influence de « l’ennemi commun » iranien, cet « accord d’Abraham »  pourrait être répliqué dans les semaines ou les mois à venir entre Israël et Oman, le Soudan ou encore le Tchad, avec qui des négociations officieuses sont déjà engagées.

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