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#Agriculture #EchangesMediterraneens #Economie #ALGERIE
Denys Bédarride
mercredi 23 septembre 2020 Dernière mise à jour le Mercredi 23 Septembre 2020 à 07:47

En Algérie, le marché du blé devrait être bouleversé dans les prochaines semaines. D’après certaines sources, le taux de grains punaisés exigé pourrait être revu à la hausse d’ici la fin septembre. Un facteur qui pourrait favoriser l’arrivée du blé russe sur un marché dominé par la France. 

La Russie pourrait bientôt contester le leadership historique de la France sur le marché du blé, en Algérie. 

D’après le site Réussir.fr qui cite Thierry de Boussac du Syndicat français du commerce extérieur des céréales (Synacomex), les autorités algériennes envisagent de porter le taux de grains punaisés des cargaisons à 0,5 % d’ici le prochain appel d’offres prévu pour la fin septembre.

Ce niveau de tolérance marque une baisse notable par rapport au seuil de 0,2 % actuellement formulé dans le cahier de charges de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC).

Si cette modification venait à se matérialiser, elle ouvrirait la porte du marché algérien au blé de la mer Noire notamment celui russe qui souffrait de cette exigence. Face à cette perspective, de nombreux observateurs estiment que la conjoncture plaide actuellement plutôt en faveur de la Russie.

En effet, alors que l’ex-URSS s’achemine vers une récolte record, la France s’attend à une chute importante de l’ordre de 25 % de sa production de blé tendre à 29,5 millions de tonnes en 2020/2021.

Selon le responsable, ces conditions pourraient ramener les exportations françaises sur le marché algérien dans une fourchette comprise entre 1,5 à 2,5 millions de tonnes contre 4-5 millions de tonnes habituellement.   

Certains analystes estiment que la Russie pourrait ainsi profiter de la moindre faille pour prendre des positions sur ce marché qui apparaît comme le dernier bastion à conquérir en Afrique du Nord.

De son côté, Thierry de Boussac affiche sa prudence par rapport à l’effet d’une éventuelle ouverture du marché algérien au blé russe, sur la compétitivité française.

« Ce n’est pas parce que la Russie pourra accéder au marché algérien que nous allons perdre d’importantes parts de marchés sur cette destination de manière durable. Les meuniers algériens ont l’habitude de travailler du blé français. Les Français respectent historiquement le cahier de charges algérien, permettant d’instaurer un climat de confiance, et nous avons la proximité géographique », confie-t-il à Réussir.fr.

Pour rappel, l’Algérie plafonne depuis novembre dernier, ses importations annuelles de blé à 4 millions de tonnes contre 6,2 millions de tonnes auparavant.

Source Agence Ecofin 

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