Libye : Politique, lutte contre le blanchiment, pétrole, soutien aux entreprises… quelles sont les dernières informations ? 1
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Denys Bédarride
mercredi 30 septembre 2020 Dernière mise à jour le Mercredi 30 Septembre 2020 à 11:38

Le chef du Conseil présidentiel (CP), Fayez al-Sarraj, a annoncé son intention de céder ses fonctions d’ici à la fin octobre. À la suite de manifestations, le gouvernement de l’Est a également présenté sa démission. Le ministre de l’Intérieur a, pour sa part, annoncé la création d’un nouveau département dédié à la lutte contre la criminalité. Les pertes dues à la fermeture des installations pétrolières avoisinent les 10 milliards de dollars. Tour d’horizon.

Après cinq ans à la tête du gouvernement de l’Ouest, Fayez al-Sarraj a annoncé mercredi 16 septembre 2020 son « désir sincère de remettre ses fonctions à une nouvelle autorité, au plus tard en octobre prochain ».

Sarraj a déclaré que depuis sa formation, son Gouvernement d’entente nationale (GEN) a été exposé chaque jour à des « complots internes et externes ». Il a indiqué avoir cherché à « travailler à l’unification des institutions de l’État afin qu’elles puissent fournir correctement leurs services aux citoyens ». Il s’est félicité des consultations récentes parrainées par l’ONU en Suisse et au Maroc, ainsi que des recommandations qui en ont émergé entre les parties libyennes (la Chambre des représentants – CDR – et le Haut Conseil d’État – HCE).

Malgré cette annonce, de nombreux Libyens restent sceptiques. Cette annonce est vue par certains comme une simple réaction aux manifestations (fin août et mi-septembre 2020) contre l’inefficacité de son gouvernement, visant à réduire les tensions actuelles dans l’ouest libyen, ou encore comme une réaction à la démission du gouvernement de l’Est.

À noter que les délégations de la CDR et du HCE sont parvenues à un accord sur plusieurs questions lors de leurs réunions de septembre, notamment la tenue d’élections constitutionnelles au plus tard en octobre 2021 et la restructuration du CP (formule 3+1 avec un président, deux députés et un Premier ministre indépendant).

En parallèle, à l’Est, après des jours de manifestations dans plusieurs villes contre la détérioration des conditions de vie, les coupures d’électricité, et la corruption du pouvoir, le gouvernement de l’Est, dirigé par Abdullah al-Thani, a présenté sa démission au président de la CDR, Aguila Saleh, le 13 septembre 2020. Le gouvernement restera intérimaire jusqu’à ce qu’un nouveau cabinet soit formé.

Le ministre de l’Intérieur du Gouvernement d’entente nationale (GEN), Fathi Bashaga, a par ailleurs annoncé la création d’un nouveau département dédié à la lutte contre la criminalité financière, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Le département sera chargé de collecter des informations, des données, et d’enquêter sur le pillage des fonds publics, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Pour rappel, le gouverneur de la Banque centrale de Libye (BCL), Seddik Al-Kabir, et Fathi Bashagha, ont signé le 10 août 2020 un accord de coopération visant à freiner la corruption, le blanchiment d’argent et le terrorisme.

Les pertes dues à la fermeture des installations pétrolières avoisinent les 10 milliards de dollars.

Selon le président du Turkey-Libya Business Council, la coopération entre Ankara et Tripoli dans le secteur pétrolier et gazier a pris de l’ampleur après la signature de l’accord maritime entre le GEN et la Turquie fin 2019 – un accord contesté par l’Union européenne et plusieurs pays.

Dans un communiqué publié le 12 septembre 2020, l’ambassade américaine a déclaré que le chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), Khalifa Haftar, s’était engagé auprès du gouvernement américain à lever le blocus pétrolier.

En attendant, les pertes financières causées par la fermeture des installations pétrolières depuis janvier 2020 (soit 242 jours de blocus pétrolier) ont atteint près de 9,9 milliards de dollars au 15 septembre 2020, selon la Compagnie nationale pétrolière (National Oil Corporation – NOC).

Par ailleurs, le président du Turkey-Libya Business Council, Murtaza Karanfil, a déclaré le 15 septembre que les autorités libyennes ont invité des sociétés gazières et pétrolières turques en Libye, soulignant que « les sociétés énergétiques turques n’ont pas été en mesure d’obtenir la part nécessaire des réserves de pétrole et de gaz dans le pays et devraient recevoir une part plus élevée ».

Selon lui, les exportations de la Turquie vers la Libye pourraient passer de 1 à 10 milliards de dollars.

Il a indiqué que les relations d’affaires de la Turquie avec la Libye ne se limitaient pas au secteur de la construction, et que la coopération dans le secteur pétrolier et gazier a également pris de l’ampleur, notamment après que les deux pays ont signé fin 2019 un accord maritime.

Pour rappel, le GEN a signé l’accord qui crée, selon la Turquie, une zone économique exclusive, de sa côte Sud à la côte nord-est de la Libye, et protège les droits aux ressources. La Grèce, Chypre, l’UE et d’autres pays s’opposent à l’accord et le qualifient d’illégal – une accusation que la Turquie a rejetée.

Le camp des futurs entrepreneurs a débuté, dans le cadre d’un programme financé par l’UE et en partenariat avec Expertise France.

Le camp des futurs entrepreneurs (Future Entrepreneurs Camp) a débuté dans la ville de Zawiya, à l’Ouest de Tripoli, avec la participation de 15 jeunes hommes et femmes de Zawiya, Tripoli, Sabratha et Zouara, dans le cadre de EU4PSL (EU for Private Sector in Libya), un programme financé à hauteur de 10 millions d’euros par l’Union européenne, en partenariat avec Expertise France, afin de soutenir le secteur privé libyen et de créer des opportunités d’emploi pour les jeunes et pour les femmes.

Les participants auront l’occasion de présenter leurs projets, et la meilleure idée recevra le soutien et le financement de EU4PSL.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies proroge d’un an le mandat de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul).

Malgré l’abstention de la Russie et de la Chine, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté le 15 septembre 2020 la résolution 2 542 (2020) qui proroge d’un an, jusqu’au 15 septembre 2021, le mandat de la Manul, qui est en charge de la facilitation du processus de transition en Libye.

Selon le communiqué, ce texte ayant été adopté après la démission, le 2 mars 2020, de l’envoyé spécial pour la Libye et chef de la Manul, Ghassan Salamé, le Conseil a décidé que la Mission sevrait désormais dirigée par un envoyé spécial du Secrétaire général, tandis qu’un coordonnateur serait chargé des opérations et de la gestion quotidiennes.

Source : Ambassade de France en Tunisie.

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