La Tunisie grâce au financement islamique va mobiliser 111 millions de $ pour faire face à la crise économique
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Denys Bédarride
mercredi 3 février 2021 Dernière mise à jour le Mercredi 3 Février 2021 à 16:21

En proie à une crise économique sur fond de contestations sociales, la Tunisie veut mobiliser le financement nécessaire pour exécuter son budget 2021. L’objectif est de privilégier plusieurs mécanismes pour éviter d’aggraver les difficultés liées à la dette publique qui atteint déjà les 90% du PIB.

La Tunisie envisage d’émettre son premier sukuk, d’ici le mois de juillet 2021. D’après Ali Kooli, ministre tunisien des Finances, ce mécanisme de financement islamique permettra de mobiliser jusqu’à 300 millions de dinars de financement, soit 111 millions $.

Le programme s’inscrit dans le cadre de la stratégie de financement de l’Etat pour le budget 2021. Il vise à offrir des alternatives de financement plus avantageuses à la Tunisie qui fait déjà face à une crise économique marquée par un niveau de dette élevé, atteignant 90% du PIB.

Ce n’est pas la première fois que la Tunisie essaye de s’appuyer sur la finance islamique pour obtenir les fonds nécessaires en vue de poursuivre ses projets de développement. Depuis 2015, le pays a souvent annoncé vouloir lever 1 milliard de dinars de financement (370 millions $) grâce à ce mécanisme, mais l’opération a souvent été retardée par des lacunes dans les dispositions réglementaires notamment, malgré l’adoption de plusieurs lois dans ce sens.

Si cette « dette islamique » est prévue pour être levée sur le marché intérieur, il faut noter que le budget 2021 de la Tunisie prévoit au total 7,2 milliards $ d’emprunts, dont 5 milliards $ d’emprunts extérieurs. Le ministre Kooli a ainsi annoncé que le pays envisage de lever jusqu’à 3 milliards $ d’obligations sur le marché international de la dette.

« Je crois qu’il y a une réelle possibilité d’aller sur les marchés pour au moins 1 milliard de dollars en 2021 », a déclaré le responsable dans une interview accordée à Reuters, ajoutant que le pays a également la possibilité de lever jusqu’à trois fois ce montant. Pour atteindre cet objectif, les autorités veulent conclure un nouvel accord de garantie de prêt d’un milliard de dollars avec les Etats-Unis.

Notons qu’en dehors de ces financements, les autorités s’apprêtent à mettre en place des réformes importantes pour sortir l’économie de sa léthargie. Celles-ci concernent la privatisation de certaines entreprises publiques et la réduction de la masse salariale de l’Etat. Des réformes qui pourraient permettre au gouvernement de gagner des points auprès du Fonds monétaire international (FMI), dont il souhaite obtenir un nouvel accord de financement.

« Les services du FMI voient de manière positive les efforts des autorités pour démêler et résoudre certains des arriérés croisés existants, et encouragent les autorités à mettre en place un plan de réforme à moyen terme qui : (i) assure un triage des entreprises publiques sur la base de leur viabilité financière, importance stratégique et nature de leurs activités, (ii) centralise leur tutelle sous une seule entité, (iii) renforce la gouvernance d’entreprise, et (iv) améliore la transparence et le reporting financier », avait indiqué l’institution dans un rapport datant de janvier.

Rappelons que depuis 2013, la Tunisie a déjà bénéficié de deux facilités du FMI, dont un accord de confirmation et un mécanisme élargi de crédit.

Source Agence Ecofin 

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