La Tunisie a l’obligation de mettre en place des mesures économiques d’urgence pour surmonter la crise et regagner la confiance des bailleurs de fonds
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Agence Ecofin
jeudi 15 septembre 2022 Dernière mise à jour le Jeudi 15 Septembre 2022 à 07:00

En Tunisie comme dans les autres pays d’Afrique du Nord, l’Etat contrôle le prix de plusieurs denrées alimentaires de base. Ce mécanisme de soutien aux populations les plus vulnérables est cependant de plus en plus décrié en raison du fardeau financier qu’il représente.

En Tunisie, une refonte du système de subvention alimentaire est nécessaire afin de parvenir à une meilleure efficacité dans l’allocation des ressources de l’Etat. C’est ce qu’indique la Banque mondiale dans son dernier bulletin de conjoncture économique sur le pays, publié le 7 septembre dernier.

Intitulé « Gérer la crise en temps d’incertitudes », le rapport dresse un bilan mitigé du contrôle des prix alimentaires. Ce mécanisme public subventionne les tarifs à la consommation de plusieurs denrées de base, dont les produits dérivés du blé (pâtes alimentaires, pain et semoule), les huiles végétales et le lait, par le biais d’une Caisse générale de compensation (CGC).

Si d’après la Banque mondiale, le soutien du gouvernement a eu un effet positif pour les consommateurs en protégeant le pouvoir d’achat des couches sociales les plus défavorisées, il a pour principale conséquence d’affaiblir plusieurs filières et de creuser le déficit budgétaire de l’Etat.

Dans le cas du blé par exemple, les bas prix dont jouissent les consommateurs ont pénalisé les revenus des agriculteurs et limité l’investissement privé dans l’augmentation de la production ainsi que dans la transformation.

Par ailleurs, souligne l’institution financière, les subventions massives ont conduit à une surconsommation et débouché sur un gaspillage généralisé. Ainsi, dans le pays du Jasmin, ce dernier fléau coûte chaque année près 580 millions de dinars (180 millions $). En tête des produits alimentaires les plus touchés, le pain avec près de 900 000 miches de pain qui sont gaspillées chaque jour, les pâtes alimentaires et les fruits et légumes.  

Face à cette situation préjudiciable pour les finances publiques, la Banque mondiale suggère un changement de la politique qui consisterait en un « versement des allocations monétaires compensatrices aux ménages vulnérables » en lieu et place d’un soutien des prix alimentaires.

D’après l’institution de Breton Woods, cette stratégie permettrait « d’améliorer l’efficacité du système, de réduire les coûts budgétaires et d’importation et de renforcer la sécurité alimentaire face aux chocs futurs ».

Pour rappel, la Tunisie est l’un des pays qui affichent la consommation de blé par tête la plus importante au monde avec 268 kg par an.

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