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#Canada #EtatsUnis #Industrie #Textile #MAROC
Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mardi 19 Mai 2026 à 08:10

Au Maroc, l’industrie textile est l’une des plus développées en Afrique avec l’Égypte et la Tunisie. Le secteur qui joue un rôle socio‑économique important, cherche à accroître davantage sa contribution aux recettes d’exportation industrielle du pays.

Au Maroc, l’industrie textile veut renforcer son positionnement sur le marché nord‑américain. C’est dans cette optique que l’agence de business development B2B Tactical Tactics et le Centre Technique du Textile et de l’Habillement (CTTH) ont signé le 5 mai dernier, à Casablanca, une convention de partenariat stratégique.

Selon les informations relayées par les médias locaux, l’accord vise à accélérer la transition de l’industrie textile marocaine du modèle de sous‑traitance CMT (Cut, Make, Trim) vers une offre plus intégrée de produits finis destinés aux pays d’Amérique du Nord en l’occurrence les USA et le Canada.

Concrètement, le partenariat prévoit un accompagnement technique des entreprises textiles, en s’appuyant sur l’expertise du CTTH, principal centre technique marocain pour le textile et l’habillement, en matière de recherche et développement, de contrôle qualité, de certification et de formation. L’objectif est d’aider les opérateurs à se conformer aux standards internationaux tout en améliorant leur compétitivité à l’export.

De son côté, Tactical Tactics mettra à profit son expertise pour faciliter les mises en relation commerciales avec les donneurs d’ordres en Amérique du Nord. Fondée en 2023, l’agence opère selon le modèle DDP (Delivered Duty Paid ou rendu droits acquittés), avec un portefeuille de manufacturiers marocains industriels signés et un réseau de courtiers en Amérique du Nord.

L’alliance entre les deux structures suggère une volonté de capter plus de valeur ajoutée dans les exportations de produits textiles, mais aussi de renforcer la compétitivité du textile marocain. « Le Maroc n’est plus seulement un pays de tissu. Le Maroc est un pays de produit fini – designed, sourced, made, certified, ready to ship » a déclaré Dikra Aït Nacere, Directrice Générale de Tactical Tactics.

Des marchés stratégiques à conquérir

Les États‑Unis se distinguent par exemple comme étant le principal importateur de vêtements et accessoires de vêtements (produits finis de l’industrie textile). Les données compilées par la plateforme Trade Map montrent que le pays de l’Oncle Sam a importé pour près de 83,7 milliards $ de vêtements en 2024.

Selon la même source, le Canada, de son côté, a importé pour près de 11 milliards $ de cette catégorie de produits textiles la même année et figure parmi le top 15 des principaux acheteurs sur le marché international.

La filière marocaine qui cherche à mieux se positionner sur ces deux marchés, devrait toutefois faire face à la concurrence d’autres fournisseurs déjà bien établis comme la Chine, le Vietnam, le Bangladesh, l’Inde ou encore l’Indonésie, dans un contexte d’exigences plus strictes des marchés occidentaux en matière de qualité, de traçabilité et de conformité environnementale.

Selon Trade Map, le Maroc a engrangé près de 3,9 milliards $ de recettes grâce à ses exportations de vêtements et accessoires de vêtements en 2024. Alors que le secteur textile et cuir joue un rôle socio‑économique important, la création de davantage de valeur ajoutée devrait également se répercuter sur l’emploi, les revenus des ménages et la compétitivité des exportations. En 2024, le secteur s’est imposé comme le deuxième employeur industriel au Maroc, derrière l’automobile, représentant 23,7 % de l’effectif total de personnes employées dans l’industrie marocaine.

Dans son dernier rapport annuel sur les performances du secteur industriel, le ministère de l’Industrie et du Commerce indique par ailleurs que le textile et cuir est le seul secteur dont la valeur ajoutée industrielle a baissé en 2024, pour s’établir à 19,3 milliards de dirhams (2,1 milliards $), soit ‑2,4 %. Dans ce contexte, la montée en gamme du secteur apparaît comme un levier stratégique pour restaurer la création de valeur dans une industrie confrontée à un ralentissement de sa performance industrielle.

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