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Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Samedi 18 Juillet 2026 à 07:58

Alors que le Maghreb et le Proche-Orient affichent une dépendance structurelle aux importations de céréales, les flux de blé français jouent un rôle clé dans la stabilité commerciale de la région. Un marché d'approvisionnement stratégique aujourd'hui marqué par une diversification des partenaires. Reportage vidéo et enjeux.

Au Sud et à l’Est de la Méditerranée, le marché des céréales fait l’objet d’une attention constante de la part des pouvoirs publics. La régularité des approvisionnements est un indicateur essentiel pour l’équilibre économique régional. Derrière les défis climatiques et l’évolution des flux commerciaux mondiaux, la gestion des stocks de blé reste une priorité absolue pour l’ensemble des pays de la zone.

Une consommation élevée face aux défis climatiques

L’équation céréalière de la rive Sud repose sur une demande intérieure forte combinée à des conditions climatiques souvent arides qui limitent la production locale.
180 kg : C’est la quantité de blé consommée en moyenne par an et par habitant au Maghreb, ce qui représente environ trois fois la moyenne mondiale.
100 milliards : C’est le volume de pains traditionnels (baladi) produits chaque année en Égypte pour répondre aux besoins d’une population de 115 millions d’habitants.
En raison de la baisse de la pluviométrie et de sécheresses récurrentes, les pays du Maghreb et l’Égypte doivent importer entre 60 % et 90 % de leurs besoins en céréales selon les années, faisant du commerce international un levier de gestion indispensable.

La France, un partenaire commercial historique

Pour répondre à cette demande, la France s’impose comme un fournisseur de premier plan grâce aux capacités de production du Bassin parisien. Premier producteur et exportateur d’Europe, l’Hexagone a consolidé au fil des décennies des relations commerciales régulières avec ses partenaires de la rive Sud.

Chaque année, entre 5 et 6 millions de tonnes de blé français sont acheminées par voie maritime vers ces pays. Ce flux commercial représente un marché d’environ 1,5 milliard d’euros par an pour le secteur agricole français, assurant une continuité de l’approvisionnement pour les pays acheteurs.

Une recomposition des flux en mer Noire

Ce paysage commercial connaît toutefois des mutations importantes. La restructuration du marché mondial a permis à de nouveaux acteurs, notamment la Russie, de proposer des tarifs compétitifs. Moscou a ainsi fortement progressé dans la région, captant désormais près de 70 % des parts du marché égyptien.

Cette dynamique globale incite les autres pays de la zone à adapter leurs politiques d’achat :
Israël, dont la consommation dépend à 90 % des importations de céréales, veille à la diversification de ses sources d’approvisionnement pour sécuriser sa chaîne logistique.
La Turquie s’est hissée au rang de troisième importateur mondial de blé. Le pays utilise ces volumes pour alimenter son industrie de transformation, ce qui lui permet de figurer parmi les premiers exportateurs mondiaux de farine.

Face aux évolutions climatiques qui pèsent sur les rendements agricoles mondiaux, la fluidité des échanges de blé demeure un facteur déterminant pour l’économie et la stabilité des pays du bassin méditerranéen.

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