Liban : Le Premier ministre renonce à la formation du gouvernement, Macron fustige une « trahison collective »
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Denys Bédarride
lundi 28 septembre 2020 Dernière mise à jour le Lundi 28 Septembre 2020 à 10:28

Le Premier ministre libanais désigné, Mustapha Adib, a renoncé à la formation du gouvernement après avoir échoué à réaliser cette tâche. Le président français Emmanuel Macron a qualifié cet échec de « trahison collective ».

L’annonce a été faite en direct sur les chaînes libanaises, samedi, après la réunion entre Mustapha Adib et le président libanais Michel Aoun au palais présidentiel à Baabda.

Mustapha Adib s’est excusé et s’est justifié en soulignant que « le consensus annoncé au début pour former le gouvernement n’existe plus ».

« Dès que j’ai procédé à des consultations pour former un gouvernement, plusieurs blocs politiques ont annoncé qu’ils ne nommeraient personne, malgré ma promesse de ne pas suggérer des noms qui pourraient constituer une provocation à qui que ce soit », a-t-il ajouté.

Macron : « J’ai honte »

De son côté, la présidence de la République libanaise a expliqué via Twitter que « Mustapha Adib a étalé au président Aoun les difficultés et les obstacles auxquels il était confronté dans le processus de formation du gouvernement, puis lui a présenté une lettre d’excuses pour ne pas l’avoir formé ».

La présidence libanaise a ajouté que « Michel Aoun a remercié le Premier ministre désigné pour les efforts déployés et l’a informé d’avoir accepté son désistement ».

Emmanuel Macron a fustigé, dimanche 27 septembre, la « trahison » de la classe politique libanaise. « J’ai honte » pour les dirigeants libanais, a lancé le président français lors d’une conférence de presse convoquée à la hâte au palais de l’Elysée, à Paris.

Les partis politiques s’étaient engagés auprès du dirigeant tricolore, venu à Beyrouth début septembre, à former un cabinet de ministres « compétents » et « indépendants » dans un délai de deux semaines, condition pour l’envoi de l’aide internationale nécessaire au redressement du pays.

Amal et Hezbollah pointés du doigt

La formation du gouvernement s’est notamment heurtée à des obstacles liés aux exigences du Mouvement Amal, dirigé par Nabih Berri (président du Parlement), et à celles du parti chiite Hezbollah.

Le 31 août, le président libanais Michel Aoun avait annoncé avoir chargé Mustapha Adib de former un gouvernement qui succéderait à son prédécesseur dirigé par Hassan Diab, ayant démissionné le 10 du même mois après l’énorme explosion au port de Beyrouth.

Source : Agence Ecofin.

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