Moyen-Orient/Afrique du Nord : Ce qu'il ne fallait pas manquer de l'actualité économique de cette semaine 6
#Banque #Covid19 #EchangesMediterraneens #Finance #Immobilier #Petrole #Politique #Tourisme #EGYPTE #IRAK #IRAN #ISRAEL #JORDANIE #PALESTINE
Denys Bédarride
mercredi 14 octobre 2020 Dernière mise à jour le Mercredi 14 Octobre 2020 à 16:16

Découvrez le condensé de l’actualité économique de la région MENA cette semaine, réalisé avec l’appui de l’ambassade de France au Liban et avec le concours des services économiques dans la région (Amman, Bagdad, Erbil, Jérusalem, Le Caire, Téhéran et Tel-Aviv).

L’actualité économique en Israël

Le marché de l’immobilier a connu une baisse historique pendant le second trimestre de l’année à cause de l’apparition du nouveau coronavirus. Mais des données plus récentes indiquent que les ventes ont rebondi pendant l’été, améliorant même les chiffres qui avaient été enregistrés en 2019.

Le ministère des Finances indique que 16 800 appartements ont été achetés pendant le deuxième trimestre de l’année, du mois d’avril au mois de juin, ce qui marque un déclin de 27 % en comparaison avec le même trimestre de l’année 2019.

Il y a eu un rebondissement du marché immobilier en juin, avec une hausse de 31 % de l’achat de nouveaux appartements par rapport à 2019, soit 4 200 contre 3 200. En juillet, la hausse a été de 9 %, et elle a été de 25 % en août. Au total, 23 370 nouvelles habitations ont été achetées.

Le montant des réserves de change de la Banque d’Israël est passé de 119,5 milliards de dollars à la fin de septembre 2019 (32 % du PIB) à 160,6 milliards (40 % du PIB) à la fin septembre 2020. Ce montant est en légère baisse par rapport au record historique d’août (161,7 milliards).

Le ministre de l’Énergie, Yuval Steinitz, a confirmé qu’il sera le représentant d’Israël lors des négociations relatives à la frontière de la zone économique exclusive bordant le nord d’Israël et le sud du Liban. Ces négociations se feront sous l’égide des Nations unies.

Le parlement israélien a approuvé l’allocation d’un montant de 2,5 milliards de shekels (625 millions d’euros) destinés aux besoins de santé (25 millions), à l’Institut d’assurance national (400 millions) et aux employeurs, indépendants et chômeurs (200 millions).

Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas auraient conclu un accord de paix avec l’aide du Qatar, qui prévoit le retour au calme sur la frontière sud pour une période de six mois. En échange, le Qatar transférera 100 millions de dollars au Hamas, selon l’accord scellé à Doha.

Tech It to Israël 2020

L’actualité économique en Égypte

Selon les prévisions de Barclays, le taux de croissance de l’Égypte serait ramené de 3,5 % du PIB en 2019-2020 à 2,8 % du PIB en 2020-2021, tandis que le déficit budgétaire passerait de 7,8 % à 8,9 %. Quant à la dette publique, elle augmenterait de 85 % à 85,6 %, et le déficit courant de 3,9 % à 4,2 %.

Le Purchasing Managers’ Index (PMI), qui mesure les performances du secteur manufacturier, s’est établi à 50,4 en septembre contre 49,4 en juillet. Après treize mois consécutifs de contraction, c’est la première fois que l’indice indique une expansion de l’activité.

Le montant des avoirs extérieurs nets détenus par la Banque centrale a été ramené de 45,1 milliards de dollars (soit 7,7 mois d’importations de biens et services) à la fin de septembre 2019 à 38,4 milliards de dollars (soit 7,6 mois d’importations de biens et services) à la fin du mois de septembre 2020.

Selon l’Autorité du Canal de Suez, les recettes dégagées par l’exploitation de l’infrastructure se sont établies à 440,1 millions de dollars en juillet 2020 (– 11,5 %) et à 467,8 millions en août 2020 (– 8,3 %). Sur les huit premiers mois de 2020, les revenus ont été ramenés de 3,85 milliards en 2019 à 3,67 milliards en 2020.

L’indice EGX30, qui regroupe les 30 capitalisations les plus importantes de la Bourse du Caire, a clôturé ce 8 octobre à 11 327 points, en hausse de 2,5 %. L’indice a perdu 3,3 % en septembre, et 21,3 % depuis le début de 2020, soit la baisse la plus importante enregistrée.

La New Urban Communities Authority, autorité publique en charge du développement des villes nouvelles, a obtenu un prêt de 50 milliards de livres (3,2 milliards de dollars) de quatre banques commerciales égyptiennes, à un taux de 2,5 %, divisé en trois tranches assorties de maturités différentes.

L’agence CI Capital a confirmé les notations de viabilité en devises à court et à long termes de la Commercial International Bank à B et à B+ respectivement, accompagnées d’une perspective stable.

D’après la Banque centrale, le bénéfice net dégagé par les banques commerciales est passé de 62,5 milliards de livres au premier semestre 2019 à 50 milliards au premier semestre 2020, soit une baisse de 20 %. Les cinq premières banques du pays ont concentré 71 % des bénéfices du secteur.

Moyen-Orient/Afrique du Nord : Ce qu'il ne fallait pas manquer de l'actualité économique cette semaine 2
Wikimedia Commons

L’actualité économique en Irak

Les exportations de pétrole brut sont passées de 3,546 Mb/j au cours des neuf premiers mois de 2019 à 3,059 Mb/j au cours des neuf premiers mois de 2020. Leur montant cumulé a été ramené de 59,7 milliards de dollars à 30,6 milliards de dollars. Le prix du baril exporté s’est établi à 36,9 dollars contre 61,8 dollars.

Le ministère du Pétrole et la South Refineries Company ont signé le 1er octobre avec la société japonaise JGC Holdings Corporation le contrat du Basrah Refinery Upgrading Project pour 3,7 milliards de dollars, financé par l’Agence japonaise de coopération internationale à hauteur de 1,4 milliard de dollars. Ce projet prévoit l’extension de la raffinerie avec une capacité de production de 55 000 barils/jour d’ici à 2025.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) a approuvé le 7 octobre la demande d’adhésion de l’Irak, déposée en avril 2018. L’Irak devrait donc devenir le 72e membre de l’institution – sans, dans un premier temps, en être un membre bénéficiaire.

Egypte : Le projet pétrolifère d’Abu Sennan affiche des résultats très positifs en termes de production 1

L’actualité économique en Iran

Les États-Unis veulent asphyxier l’Iran : « Les mesures d’aujourd’hui pour inscrire le secteur financier iranien sur liste noire et sanctionner 18 parmi les principales banques iraniennes illustre notre engagement à stopper l’accès illicite aux dollars américains», a déclaré Steven Mnuchin, secrétaire du Trésor américain.

D’après le directeur des opérations de change de la Banque centrale, cette dernière a alloué pour 5,3 milliards de dollars de devises au taux de change subventionné de 1$ = 42 000 IRR aux importateurs de biens essentiels, produits agricoles, médicaments et biens médicaux au premier semestre.

La Banque centrale va allouer pour 8 milliards de dollars de devises au cours de 2020-2021. Le directeur de l’Organisation de la planification et du budget, Mohammed Bagher Nobakht, a annoncé le maintien de la politique de subventionnement du change pour l’importation de biens essentiels.

La Banque centrale a organisé, sur le marché interbancaire et avec le concours de sa société de courtage, une dix-neuvième séance d’émission de titres souverains (murabaha) par voie d’adjudication ouverte.

Pour la première fois depuis le début des séances d’émissions souveraines hebdomadaires, le 2 juin 2020, aucun ordre d’achat n’a été passé par les banques, institutions de crédit non bancaires et sociétés d’investissement.

D’après le Dépositaire central de titres d’Iran (CSDI), le nombre de personnes disposant d’un code pour négocier des titres à la bourse de Téhéran est passé de 11,67 millions de personnes à la fin 2019-2020 à 20,5 millions de personnes à la fin du premier semestre 2020/2021, soit + 75,7 %

Pour encourager les comportements d’achat à LT des épargnants, la bourse de Téhéran (Tehran Stock Exchange) a modifié les délais réglementaires de règlement-livraison des actions et droits à souscription, lesquels sont passés de T+0 (au-jour-le-jour) à T+1 (un jour ouvré).

D’après l’Institut des statistiques de #Turquie, les échanges de biens entre l’Iran et la Turquie auraient été ramenés de 5 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de 2019 à 2 milliards au cours des huit premiers mois de 2020, soit une baisse de près de 60,3 % sur la période.

La baisse des échanges de biens entre l’Iran et la Turquie proviendrait de la chute des exportations iraniennes vers la Turquie, en baisse de 77,9 % à 696,9 millions de dollars, tandis que les exportations turques vers l’Iran diminuent de 30,3 % à 1,3 milliard.

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor américain a placé sous sanctions secondaires 17 établissements bancaires iraniens en application de l’E.O. 13 902, ainsi qu’un établissement bancaire iranien pour « proliférateurs d’armes de destruction massive ».

L’Iran Civil Aviation Organization (ICAO) a annoncé la suspension des liaisons aériennes entre l’Iran et la Turquie jusqu’au 1er novembre, à la suite d’une décision similaire de l’autorité de l’aviation civile turque.

Brouillon auto 29

L’actualité économique en Jordanie

Selon le Département des statistiques, la croissance du PIB à prix constants a été négative à hauteur de 3,6 % au deuxième trimestre 2020 par rapport au même trimestre en 2019. Le secteur de l’hôtellerie est le plus affecté avec une contraction de l’activité de 13,4 %.

Le Roi Abdallah II a nommé Bisher Al-Khasawneh Premier Ministre. Il était précédemment conseiller du Roi à la Cour royale hachémite et a déjà occupé des fonctions ministérielles (ministre des Affaires étrangères et ministre aux Affaires légales).

D’après la Bourse d’Amman, la participation étrangère dans des sociétés cotées sur cette place a atteint environ 50 % à la fin du mois de septembre 2020, dont 33,7 % sont des investisseurs arabes et 16,5 % des investisseurs non arabes.

Selon le Département des Terres et du foncier, la valeur des transactions immobilières a été ramenée de 4,4 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de 2019 à 3,1 milliards à la même période en 2020, reculant d’environ 30 %.

La Jordanie et l’Espagne ont signé un protocole d’accord de quatre ans qui prévoit 50 millions d’euros d’aide-projet espagnole, dont la moitié sous forme de subventions.

Selon une étude menée par le Jordanian Women Solidarity Institute, plus de 1,35 million de Jordaniens (soit 13,2 % de la population) vivent avec moins de 100 dollars par mois.

Face à la recrudescence de cas de contaminations au nouveau coronavirus, le gouvernement a décidé de rétablir jusqu’à nouvel ordre un confinement total du pays pendant les week-ends, de jeudi soir à dimanche matin, avec déploiement de ses forces armées pour veiller à son application.

L’actualité économique au Liban

D’après la Banque du Liban, le déficit enregistré par la balance des paiements est passé de 578,5 millions de dollars au mois d’août 2019 à 1,968 milliard de dollars au mois d’août 2020. Calculé sur les huit premiers mois de l’année, il s’est établi à 7,501 milliards en 2020 (contre 5,897 milliards en 2019).

L’inflation s’établissait à 94 % à la fin d’août 2020. Les principales augmentations ont concerné les biens de consommation durable (+ 215,9 %), les transports et les télécommunications (+ 129,7 %), la nourriture et les boissons (+ 127,1 %), les vêtements (+ 114,3 %).

Le prix du « panier d’aliments de survie minimum » calculé sur la base d’une ration de riz, boulgour, de pâtes, de haricots blancs, de sucre blanc, de 5 litres d’huile de tournesol, de sel et de 200 g de viande en conserve, a augmenté de 168 % entre octobre 2019 et août 2020.

Le Purchasing Managers’ Index (PMI) est passé de 46,8 au cours des neuf premiers mois de 2019 à 40,1 au cours des neuf premiers mois de 2020. Il est passé de 46,4 en septembre 2019 à 42,1 en septembre 2020.

La livre libanaise poursuit sa dépréciation sur le marché parallèle, dans un contexte de blocage politique et de forte incertitude sur les plans économique et financier. Un dollar s’échangeait à 8 850 LBP/1$ le 09 octobre, contre 8 650 LBP/1$ le vendredi précédent et 7 700 LBP/1$ le 255 septembre.

Brouillon auto 30

L’actualité économique en Palestine

14 % de la population a cessé toute activité entre mars et mai 2020. Durant ce confinement, seuls 23 % des salariés ont perçu leur salaire complet, tandis que 25 % d’entre eux, à l’instar des agents publics, ont touché un salaire partiel, et que 52 % n’ont pas touché de salaire.

Près d’un ménage palestinien sur deux (42 %) a vu ses revenus diminuer de 50 % ou plus au cours du confinement. À l’heure actuelle, l’Autorité palestinienne n’a pas décrété de nouveau confinement dans les Territoires.

L’indice d’activité mensuel de la Palestine Monetary Authority, mesurant les performances économiques des secteurs d’activité, est passé de – 16,45 en septembre 2019 (– 13,5 en Cisjordanie et – 23,43 à Gaza) à – 40,3 en septembre 2020 (– 31,4 en Cisjordanie et – 61,5 à Gaza).

L’Union européenne a contredit les allégations israéliennes portant sur la potentielle cessation des aides financières européennes attribuées à l’Autorité palestinienne si cette dernière n’acceptait pas les recettes fiscales collectées par Israël.

L’UE a rappelé qu’elle était le premier bailleur international en Palestine et qu’elle continuerait à assumer ce rôle de soutien de l’Autorité palestinienne. « L’UE encourage les Palestiniens à accepter les recettes fiscales, car ce sont des fonds palestiniens ».

Source : ambassade de France au Liban, avec le concours des services économiques dans la région (Amman, Bagdad, Erbil, Jérusalem, Le Caire, Téhéran et Tel-Aviv).

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *