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Denys Bédarride
vendredi 16 octobre 2020 Dernière mise à jour le Vendredi 16 Octobre 2020 à 14:37

L’agence de notation Moody’s a confirmé le 6 octobre 2020 la notation d’émetteur B2 (catégorie « highly speculative ») de la Tunisie, mais a modifié les perspectives de stables à négatives et prévoit une récession de – 6,5 % en 2020.

Dans son communiqué publié mardi 6 octobre 2020, Moody’s a également confirmé la note B2 de la Banque centrale de Tunisie (BCT), en modifiant les perspectives à négatives. Cette décision conclut l’examen initié le 17 avril 2020, lorsque l’agence avait placé la notation tunisienne sous revue à la baisse. 

Selon Moody’s, la confirmation de la notation B2 reflète la résilience du niveau des réserves de change, permettant d’assurer un filet de sécurité pour les engagements extérieurs qui arriveront à échéance au cours de l’année prochaine. L’agence considère que la mise en place d’un nouveau gouvernement technocratique en septembre devrait contribuer à la continuité des politiques, « ce qui se traduira probablement par la mise en œuvre de réformes budgétaires et économiques à moyen terme dans le cadre d’un nouveau programme du FMI ».

Nombreux défis

Cependant, Moody’s justifie les perspectives négatives par les défis économiques, financiers, sociaux et politiques auxquels le gouvernement est confronté dans la mise en œuvre de l’assainissement budgétaire et des réformes structurelles nécessaires pour obtenir un soutien officiel et maintenir des options de financement fiables. Moody’s s’attend à ce que l’économie se contracte de – 6,5 % en 2020 sous l’impact de la crise sanitaire, suivi d’une reprise de + 4 % en 2021, et un retour à une fourchette de 2 à 3 % par la suite. 

Avec des besoins d’emprunt bruts à hauteur de 14 % du PIB, Moody’s affirme que la Tunisie reste dépendante à la fois d’un soutien continu des bailleurs de fonds mais aussi d’un financement du marché international des capitaux. Compte tenu de la baisse des recettes liée à la crise sanitaire, Moody’s prévoit que le déficit budgétaire de la Tunisie se creusera de 3,6 % du PIB en 2019 à 7 % du PIB en 2020, puis à 4,5 % en 2020 ; et que l’encours de la dette de la Tunisie atteindra plus de 80 % du PIB en 2020.

Faiblesses structurelles

Enfin, l’agence souligne plusieurs faiblesses structurelles qui pèsent sur les finances publiques, notamment :

– la masse salariale importante dans le secteur public, qui représente plus de 15 % du PIB ;
– des subventions énergétiques qui devraient cependant être progressivement supprimées ;
– la lourde dette des entreprises publiques garanties par l’État, qui représentent environ 16 % du PIB (essentiellement en devises étrangères).

À la suite de la baisse du taux directeur de la BCT à 6,25 %, décidée le 30 septembre 2020, le taux du marché monétaire (TMM) est tombé à son plus bas niveau depuis mars 2018.

La baisse du taux directeur de la BCT s’est donc bien transmise au TMM (le taux auquel les banques se prêtent et empruntent de l’argent entre elles), qui est descendu à 6,27 % au terme de la journée du 8 octobre 2020, contre un TMM moyen de 6,76 % en septembre 2020.

Source : Ambassade de France en Tunisie.

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