Tunisie : Son secteur bancaire a connu en 2021 « un essoufflement quasi général de son activité de crédit » 6
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Denys Bédarride
lundi 21 mars 2022 Dernière mise à jour le Lundi 21 Mars 2022 à 06:00

La guerre entre la Russie et l’Ukraine aura des conséquences importantes en Tunisie. Le vice- président de la Banque Mondiale (BM) pour la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), Ferid Belhaj, estime que cette crise devrait perturber les chaînes d’approvisionnement des céréales et des oléagineux, augmenter les prix des aliments, et faire monter en flèche les coûts de la production agricole nationale.

En effet, plus de 70% des importations tunisiennes de blé tendre proviennent d’Ukraine et de Russie. L’Ukraine est également le principal fournisseur de maïs et d’orge du pays. Selon la Banque Mondiale, la guerre entre l’Ukraine et la Russie aura également des répercussions sur le coût des intrants agricoles pour les céréales, entraînant la diminution de leur utilisation et donc la baisse du rendement et des revenus, extrêmement préjudiciable à la subsistance des agriculteurs tunisiens. 

Le vice- président de la BM pour la région MENA estime que les opérations de soutien budgétaire de la Banque Mondiale pourraient s’avérer particulièrement efficaces pour palier à cette crise. 

A ce titre, l’institution a réaffirmé son soutien indéfectible à la région MENA et à la Tunisie avec la promesse d’intensifier les aides techniques et analytiques sur les questions de soutenabilité budgétaire, de réforme des subventions, de sécurité alimentaire, de suivi des échanges et de gestion du risque agricole. La Banque Mondiale a accordé plus de 1 Md USD à la Tunisie entre 2021 et 2022 sous forme d’assistance et de financement.

Quel impact de la guerre en Ukraine sur le secteur bancaire tunisien ?

Dans une note publiée le 7 mars, S&P Global Ratings examine les effets de la guerre en Ukraine sur les banques du Moyen-Orient et de l’Afrique. Selon l’agence de notation, les banques tunisiennes notées ont une activité minimale en dehors du pays et leur exposition est donc limitée. 

En revanche, c’est de manière plus indirecte que les banques tunisiennes pourraient être affectées, notamment en lien avec l’augmentation de l’aversion au risque des investisseurs. S&P estime que la Tunisie, aux côtés du Qatar et de la Turquie, ferait partie des pays les plus vulnérables. En Tunisie, cette aversion au risque est également aggravée par l’exposition croissante des banques tunisiennes à l’Etat et le questionnement quant à la soutenabilité de la dette publique, mais aussi par l’impact négatif de la crise sur le tourisme (avec une baisse des visiteurs russes et ukrainiens) puisque les recettes touristiques contribuent considérablement à l’économie et à l’exposition des banques.

Quelles sont les mesures à prendre dans le contexte de la guerre en Ukraine ?

L’institut Arabe des chefs d’entreprises (IACE) a publié le 9 mars une note alarmant le gouvernement tunisien des conséquences de la guerre en Ukraine sur l’économie tunisienne. Si les chiffres restent difficiles à quantifier, il est certain que l’impact est imminent et qu’il aura des effets sur le moyen terme. La hausse généralisée des prix, notamment des produits subventionnés, pèsera considérablement dans le budget de l’Etat, ce qui pourrait conduire à une dégradation économique et sociale majeure. L’IACE a exposé un arsenal de mesures d’urgence pour limiter les effets de la crise sur le pays. 

Parmi elles, l’institut suggère de mettre en place une cellule de crise pour identifier les alternatives aux sources d’approvisionnement, de communiquer avec la population sur la réalité de la situation et son impact, d’orienter les ressources hydriques agricoles vers les cultures céréalières, d’augmenter la production de phosphate pour relancer la production d’engrais, d’accélérer les négociations avec le FMI, de renégocier le rééchelonnement de la dette, etc.

En parallèle, le Président tunisien, Kaïs Saïed et le Secrétaire Général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, se sont entretenus au téléphone le 9 mars au sujet de la situation générale en Tunisie et de ses répercussions négatives sur le climat social et le pouvoir d’achat. L’UGTT a annoncé qu’une rencontre aura prochainement lieu entre les deux personnalités. 

Source Ambassade de France en Tunisie

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