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Agence Ecofin
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Dimanche 17 Mai 2026 à 08:10

En Algérie, l’aquaculture occupe encore une place modeste dans l’approvisionnement en poissons. Face à la hausse de la demande en produits halieutiques et aux limites de la pêche traditionnelle, les autorités misent sur le développement de cette activité pour améliorer l’offre locale de poissons.

L’Algérie renforce ses capacités dans l’aquaculture. C’est dans cette optique que le ministère de l’Agriculture table sur un doublement de la production aquacole pour atteindre 20 000 tonnes en 2026. Selon les informations relayées par les médias locaux, l’annonce a été faite le 23 avril dernier à l’occasion d’une rencontre nationale organisée par ledit ministère avec les acteurs du secteur.

Cette perspective de croissance est soutenue par l’ensemencement de 80 millions d’alevins de daurade et de loup de mer au cours de la saison actuelle, contre 50 millions d’alevins introduits dans les cages flottantes en 2025. Les autorités indiquent par ailleurs que 28 fermes marines sont actuellement en activité dans le pays, avec une dynamique d’extension des capacités de production à travers l’augmentation du nombre de cages d’élevage et l’ouverture de nouvelles zones d’exploitation.

Au-delà de l’augmentation de l’offre d’alevins, Alger mise également sur l’amélioration de l’accès aux aliments pour poissons, qui représentent une part importante des coûts de production.

Dans cette optique, plusieurs projets industriels ont été lancés ou relancés. Les autorités ont par exemple annoncé la remise en activité de l’unité de production d’aliments pour poissons et crevettes de Ouargla dans le cadre d’un partenariat avec la Corée du Sud. « Placée sous la tutelle de l’Office national des aliments du bétail (ONAB), cette unité est actuellement en phase d’essais et devra produire des aliments spécifiques, notamment destinés à l’élevage de crevettes », expliquait Miloud Triaa, directeur général de la pêche et de l’aquaculture au ministère de l’Agriculture, dans des propos relayées par Algérie Presse Service (APS) le 29 avril dernier.

Selon le responsable, le secteur privé participe également à cette dynamique avec l’entrée en activité d’AviFish, une unité spécialisée dans la fabrication d’aliments aquacoles et installée dans la wilaya de Bouira.

Dans un rapport publié en janvier 2026, le Forum économique mondial (WEF) souligne qu’en Afrique les difficultés d’approvisionnement en aliments pour poissons rendent les coûts de production aquacole 10 à 20 % plus élevés que la moyenne mondiale. « Ces coûts élevés s’expliquent par une forte dépendance aux aliments pour poissons conventionnels, souvent importés en raison du manque de capacités locales de production, […] », explique l’organisation.

Un environnement favorable aux investissements dans le secteur

Pour soutenir la montée en puissance du secteur aquacole, le gouvernement algérien a également renforcé les mesures d’incitation destinées aux investisseurs et aux fabricants d’intrants aquacoles.

Depuis janvier 2026, la loi de finances prévoit par exemple l’exemption des droits de douane et l’application du taux réduit de TVA aux importations des matières premières entrant dans la fabrication d’aliments destinés à l’élevage des produits aquacoles. Elle prévoit également que les produits locaux issus de la fabrication d’aliments destinés à l’élevage des produits aquacoles, soient soumis au taux réduit de TVA afin de soutenir la compétitivité de la production nationale.

Les autorités espèrent ainsi réduire les coûts de production, attirer davantage d’investissements et maintenir la pérennité de l’activité des établissements aquacoles. « Cette mesure constitue une priorité afin d’assurer la disponibilité d’un aliment de qualité au profit des aquaculteurs, et aidera à économiser les coûts nécessaires à la gestion, par la diminution de la charge fiscale à l’importation, ce qui favorisera inévitablement la continuité des activités aquacoles », peut-on lire dans le document de présentation du Projet de Loi de Finances pour 2026.

À travers ces différentes initiatives, Alger cherche à accélérer le développement de l’aquaculture, qui reste encore marginale dans l’approvisionnement du marché domestique en poissons. Selon la FAO, la production halieutique de l’Algérie s’élevait à 82 366 tonnes en 2023, dont 93 % provenaient de la pêche. Avec une consommation apparente estimée à près de 127 000 tonnes cette année-là, le pays affichait alors un déficit de production estimé de près de 45 000 tonnes.

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