#Alimentation #AnalyseEconomique #Economie #LIBAN
Fiona Urbain
vendredi 21 août 2020 Dernière mise à jour le Vendredi 21 Août 2020 à 09:26

L’explosion de Beyrouth a frappé le Liban alors que le pays traverse la pire crise économique de son histoire et il était déjà menacé d’une crise alimentaire. Pascal Bergeret, Directeur du CIHEAM-IAMM de Montpellier fait le point sur les conséquences de cette catastrophe d’un point de vue alimentaire et agricole. Avis d’expert.

L’explosion du port de Beyrouth a frappé de plein fouet le Liban sur le plan sanitaire, politique, mais aussi alimentaire, dans un pays où 50 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Le grand silo à blé du port de Beyrouth a été soufflé par l’explosion. Ce dernier pouvait stocker 120 000 tonnes de blé, soit un dixième de la consommation annuelle du Liban.

De plus, le port est la porte d’entrée du Liban, puisque 60% des importations y transitent.

Cela a provoqué des inquiétudes sur la disponibilité des produits alimentaires, sachant que le Liban importe entre 70 et 80%  de son alimentation » explique Pascal Bergeret.

Le pays du Cèdre ne produit seulement que 10% à 15% de sa consommation annuelle de blé.

Une catastrophe qui accentue une situation déjà difficile

Le gouvernement a très rapidement fait savoir qu’il n’y avait pas d’inquiétude à avoir pour les produits de base, sachant qu’il y a des stocks à l’intérieur du pays. Mais le Liban devra faire appel à l’aide alimentaire internationale car la situation financière du pays rend de plus en plus précaires les importations en devises .

L’inflation des produits alimentaires de base avait déjà grimpé en flèche atteignant les 109 % entre septembre et mai, selon le Programme alimentaire mondial.

La production agricole ne couvrait déja que 20% des besoins du pays, mais en 2020 elle s’est effondrée à cause de la crise financière.

Tous les opérateurs font appel à des intrants importés : engrais, semences, produits sanitaires… Et ces derniers n’ont pas pu rembourser leurs dettes de 2019. Donc le Liban s’est retrouvé dans l’impossibilité d’importer des intrants.

En juillet dernier, le gouvernement libanais a identité 300 produits alimentaires de base pour lesquels il est possible d’importer des intrants qui entrent dans la fabrication en mobilisant des devises à un taux inférieur à celui du marché.

Pour Pascal Bergeret : « L’agriculture n’a cessé de décliner depuis la guerre civile, il y a une grande inégalité de la propriété foncière, il n’y a jamais eu de protection… L’agriculture a été délaissée depuis de nombreuses décennies pour se tourner vers les services et la finance ». 

Réagissez à cet article

Vos commentaires

Rejoignez la discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *