Egypte : Le contingent égyptien de la MINUSMA sera suspendu pour une durée non encore définie, à compter du 15 août selon l’ONU 
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Agence Ecofin
samedi 23 juillet 2022 Dernière mise à jour le Samedi 23 Juillet 2022 à 07:00

La MINUSMA est la mission de sécurité onusienne qui subit le plus de pertes dans le monde. Sur les 12 261 militaires, 1 718 policiers et 1 180 civils opérationnels depuis août 2013, 313 sont décédés, dont 174 dans des attaques. 426 blessés graves sont aussi enregistrés.

Le contingent égyptien de la MINUSMA sera suspendu pour une durée non encore définie, à compter du lundi 15 août 2022. L’annonce a été faite par Farhan Haq, porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’ONU, lors d’une conférence de presse à son siège new-yorkais.

Cette décision des autorités égyptiennes s’explique par la recrudescence d’attaques et de pertes essuyées par leurs troupes mobilisées dans le cadre de cette mission. 7 des 11 Casques bleus de la MINUSMA tués depuis janvier 2022 proviennent en effet de leur détachement, de plus en plus touché lors des convois de ravitaillement des bases onusiennes sur le théâtre d’opérations.

Selon des données publiées par l’ONU en 2020, l’Égypte est le 5ème plus gros contributeur en personnel militaire de la MINUSMA, avec 1 048 casques bleus déployés. Elle vient après le Burkina Faso et le Bangladesh (1 322), le Tchad (1 456) et la Guinée (1 512). 

L’annonce de la suspension temporaire de son contingent apparait comme un nouveau coup dur pour la mission, déjà bridée par la décision malienne de suspendre les rotations de ses contingents militaires pour des raisons de sécurité.

En effet, si elle tente tant bien que mal de poursuivre ses opérations avec une prolongation de son mandat jusqu’en juin 2023, elle encourt une révision à la baisse de ses effectifs pour deux raisons. La première est le retrait progressif de la force française Barkhane sur fond de tensions diplomatiques, qui pourrait selon les observateurs, entrainer dans son sillage quelques autres détachements européens présents au Mali.

La seconde est l’aggravation de la situation sécuritaire dans le Sahel, qui pourrait obliger tous les pays de la région à réadapter leurs dispositifs et stratégies sécuritaires. Victime d’attaques djihadistes répétées depuis quelques mois, le Bénin a par exemple décidé de rapatrier ses 390 policiers et militaires de la MINUSMA, pour les redéployer dans les zones à risque à ses frontières.

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